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Tékitoi ? Gildas Rigo – Assistant Réalisateur

Le Tékitoi est une rubrique dans laquelle vous découvrez rapidement mais efficacement un corps de métier de l’audiovisuel.

L’assistant réalisateur a une importante responsabilité artistique et technique, il encadre les équipes de fabrication depuis la conception jusqu’à la post-production. Il respecte le planning, le budget et aide à réaliser le film d’animation tout au long du projet. Ce métier est à la fois très technique et très créatif, il faut pouvoir connaître l’ensemble de la chaîne de production pour juger de la qualité du travail de chacun et des possibilités d’amélioration.

Gildas, pourrais-tu nous résumer ton métier?

Ce métier est à peu près le même en animation qu’en fiction. Cela varie en fonction des projets mais dans mon cas, en animation stop motion, le 1er Assistant réalisateur va être dédié au tournage sur les plateaux, et le 2nd Assistant réalisateur va s’occuper d’anticiper la préparation de la suite du projet. Il va surtout faire le lien avec les ateliers décoration, en fonction du storyboard* et du dépouillement*, il liste tout ce dont on va avoir besoin, et tous les problèmes auxquels on pourrait se heurter. Il répartit les accessoires de décoration sur les plateaux pour que le tournage se déroule bien et pour éviter les doublons. C’est un métier où tu dois anticiper les problèmes d’une manière générale et trouver les solutions rapidement. C’est un métier avec beaucoup de relationnel, beaucoup “d’humain”, de gestion d’équipe. Nous devons connaître tous les problèmes que l’on peut rencontrer en production (fabrication), connaître les limites qu’on a en terme de budget sans que cela interfère sur le travail du reste de l’équipe. Sur le plateau il y a un certain nombre de corps de métiers différents et mon travail est de lier tout ce petit monde et que chacun puisse travailler sereinement.

A cela s’ajoute une dimension intéressante, celle de reprendre le storyboard et de l’analyser pour déceler certains mouvements que les marionnettes ne peuvent pas réaliser. Il faut alors réfléchir à d’autres possibilités de mouvements et changer un peu le storyboard. En ce moment, je travaille sur une série diffusée sur France 5 “Les Kiwis”, il y a donc aussi une question de quota et de timing à respecter.
L’idée c’est de faire environ une minute par jour avec une équipe animation de huit personnes qui travaillent sur les huit plateaux avec en l’occurrence un animateur par plateau. Et chaque animateur a un quota de huit secondes par jour sauf le Chef animateur, qui lui, a un quota de quatre secondes. Parfois c’est plus parfois c’est moins en fonction des projets.
Chez “Laïka”, très grand studio américain dans le domaine de l’animation, ils peuvent se permettre de faire des journées de mise en place soit zéro seconde filmée en fin de journée et filmer le lendemain quand tout est en place. Et il arrive même qu’ils tournent à nouveau l’animation le jour suivant pour l’améliorer.

Quel a été l’un de tes derniers projets?

La saison trois de “Kiwi” réalisée par Isabelle Duval, série qui s’adresse à un jeune public de 3 à 6 ans. La série “Kiwi” raconte l’histoire de deux oiseaux, Twiki et Twini, qui sont un peu stylisés, un jaune et un orange. Ils sont jeunes et ont envi de vivre de folles aventures. L’idée de la mise en scène était de les positionner sur un fond blanc perdu, Twiki et Twini sont comme des enfants qui jouent dans un monde imaginaire. Le fond blanc permet de faire apparaître des choses que les oiseaux imaginent. Et dans ce monde apparaissent des objets qui seront sources d’aventures pour nos deux héros. Aventures rythmées par deux voix off, avant il y avait une voix française (un enfant) et une voix anglaise (une adulte) où les personnages parlaient entre eux, il y avait un échange, un dialogue. Maintenant la voix anglaise répète la voix française. C’est une initiation à l’anglais pour le plus jeune âge. Chaque épisode tourne autour de trois mots. On mélange l’animation stop-motion et l’animation 3D pour les mots, il y a des lettres animées qui sont habillées en lien avec le mot qu’elles composent et on récapitule à la fin de l’épisode les trois mots pour de nouveau s’imprégner des sonorités anglaises en espérant que les enfants retiennent les mots présentés!

Et pour en arriver à ton métier actuel, quel a été ton parcours?
Bac Économique et Social
Licence en Art du spectacle à Strasbourg
Master 1 Études Cinématographiques et Audiovisuelles à Lyon

Expériences professionnelles :

Stages et bénévolat dans le monde de l’audiovisuel, de l’art et du spectacle

Stage de 4 mois en entreprise, dans la société de production de films d’animation “XBO Films”. Beaucoup de Stop Motion (Animation en volume). Ils sont basés à Toulouse, c’est une entreprise qui travaille surtout avec des personnes de la Région via l’Association La Ménagerie dont elle fait partie. Ils ont accepté de me prendre sur leur projet malgré ma toute petite expérience. C’était pour un projet de “série”, alors qu’ils avaient plutôt l’habitude de travailler sur des court-métrages.
Suite à ces 4 mois de stage j’ai effectué deux mois de tournage avec eux, sous contrat.
Divers projets de fictions, séries, clips, pubs….
XBO Films a lancé la production de la Saison 2 de la série stop motion “Les Kiwis”. J’ai travaillé 1 an sur ce projet. Puis la saison 3 en ce moment.
Pour plus d’informations sur Gildas : https://www.linkedin.com/in/gildasrigo/

Pour découvrir l’univers des Kiwi, suivez ces liens :
https://www.lumni.fr/video/twiki-et-twini-a-l-ecole-kiwi
https://video-streaming.orange.fr/tv/kiwi-saison-2-france-5

*Storyboard : ou “scénarimage” en français, est un document sur papier ou fichier numérique, utilisé au cinéma, en téléfilm, en animation, lors de la préparation du tournage. Le but étant de planifier les besoins de l’ensemble des plans qui constitueront le film via une projection imagée (dessinée). Et ce, aussi bien au niveau technique (cadre, mouvements de la caméra, effets spéciaux) qu’au niveau artistique (décors construits, décors virtuels). Sa mise en page ressemble à celle d’une bande dessinée dont chaque vignette représente un plan, décrit parfois en plusieurs dessins. L’ordre proposé est celui du montage final.

*Dépouillement : c’est le document qui va reprendre tout ce qui se trouve dans le scénario. Il s’agit en effet lors de cette étape de faire une lecture très précise du scénario et de noter toutes les subtilités et détails qu’il ne faudra pas oublier lors du tournage. Visuellement, il ressemble à un grand tableau avec une case par corps de métier (mise en scène, machinerie, comédiens, accessoires, costumes, décor, maquillage/coiffure, …). Il y a une page par séquence donc au final autant de pages qu’il y a de séquences dans le scénario. Car lors du tournage, les séquences ne sont pas forcément tournées dans l’ordre de l’histoire, cela permet donc d’avoir rapidement toutes les informations utiles sur une séquence donnée.

On se suit ?